Blog des usagers de la Communauté de Communes de Blavet Bellevue Océan dans le Morbihan.
Dossier
Ça râle !
Payer le même prix pour un seul ramassage de poubelles - les bacs verts - par mois au lieu d'un ramassage par semaine. La pilule passe mal. La Communauté de communes Blavet-Bellevue-Océan (BBO), qui gère la collecte des déchets, a distribué un petit guide dans les boîtes aux lettres. Pour expliquer le dispositif et l'esprit de la redevance incitative. Rien à faire. Ça râle un peu partout, dans toutes les communes.
« 75 € de plus ! »
Cette maman de Merlevenez est en colère. Nouveaux tarifs en main, elle calcule : « Nous sommes cinq à la maison. Nous utilisons un bac de 340 litres. Le forfait comprend l'abonnement et une levée par mois, ça me coûtera 323,30 € par an. Chaque levée supplémentaire me sera facturée 25,50 €. Si j'en veux une par semaine, comme aujourd'hui, ça me fera 75 € de plus par mois à payer. » Sa voisine dresse le même constat.
C'est quoi, l'incitatif ?
« Je paie ce que je jette ! », dit le slogan de BBO. Sous-entendu, si je jette moins, je paierai moins. C'est cela l'incitatif. Se limiter à une poubelle verte par mois et on ne paiera pas plus que le forfait de base (l'abonnement au service et 12 levées par an). Pour jeter moins, il faut trier mieux encore. Voire consommer autrement. « Faut acheter des yaourts en pots de verre, recyclables... mais c'est plus cher », résume la maman de Merlevenez.
Maîtriser les coûts
Le but final, c'est de produire moins de déchets, dits résiduels. Ceux qu'on entasse dans les bacs verts et qui finissent enfouis ou incinérés, faute de pouvoir être recyclés. Ces traitements coûtent cher. En réduisant le volume des déchets, en incitant les gens à le faire grâce à la nouvelle redevance, les élus espèrent maîtriser les coûts (voir les graphiques ci-contre). « J'espère que, d'ici les six ou sept prochaines années, nous resterons dans le budget actuel : 1,4 million d'euros », vise Fortuné Le Calvé, président de BBO et maire de Merlevenez.
« Totalement abusif »
Jean Le Bouille, conseiller municipal d'opposition, à Kervignac, partage les objectifs de la redevance incitative. Mais il juge le niveau de prix envisagé « totalement abusif ». L'élu a fait chauffer sa calculette, sur la base d'un foyer de trois personnes utilisant un bac de 180 litres : « À service constant, soit une desserte par semaine, c'est + 265 %, du délire ! Les conseils municipaux doivent intervenir avant que BBO fixe définitivement la grille tarifaire. C'est un enjeu de démocratie locale. »
« C'est la loi ! »
Fortuné Le Calvé le rappelle : « La redevance incitative sera obligatoire dans toutes les communes de France à partir de 2014. C'est la loi ! En l'anticipant, nous obtenons des aides de l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie : 245 000 €. Ces aides n'existeront plus en 2014. » Le passage à la redevance incitative est estimé à 800 000 €. BBO a prévu un emprunt de 550 000 €. Les tarifs seront définitivement votés en décembre.